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Aperçu des nouvelles règles en matière de politique commerciale mondiale (novembre 2025) | Synthèse complète des ajustements tarifaires nationaux, des contrôles à l'exportation et des nouvelles politiques portuaires et maritimes

2025-11-07

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I. Les Amériques

États-Unis

À compter du 9 novembre, les États-Unis ont imposé un droit de douane supplémentaire de 100 % (soit le double du taux initial) sur certains équipements portuaires fabriqués en Chine, notamment les grues portuaires, les châssis de conteneurs et leurs composants. Cette mesure vise à affaiblir la compétitivité de la Chine dans le secteur des équipements de logistique maritime et a un impact direct sur les entreprises exportatrices chinoises ainsi que sur la chaîne d'approvisionnement mondiale en équipements portuaires.

À compter du 1er novembre, les États-Unis appliquent un droit de douane de 25 % sur les camions moyens et lourds importés, ainsi que sur leurs pièces détachées, et un droit de douane supplémentaire de 10 % sur les autobus importés. Bien que cette politique vise principalement les États membres de l'ACEUM (Accord États-Unis-Mexique-Canada), ses clauses d'exemption obligent les entreprises à délocaliser leur production en Amérique du Nord, ce qui entraîne une hausse des coûts tout au long de la chaîne d'approvisionnement automobile mondiale.

En réponse aux droits de douane susmentionnés sur les camions, les États-Unis avaient précédemment offert une période d'exemption de 90 jours : la Chine et les États-Unis ont suspendu le droit de douane supplémentaire de 24 % jusqu'au 10 novembre, ne conservant que le droit de douane de base initial de 10 %.

Note d'information : Un rapport de suivi du commerce américain indique que le pays utilisera de plus en plus des mesures telles que « Section 232 » pour imposer des droits de douane sur les produits importés considérés comme présentant des risques pour la sécurité nationale ou créant une dépendance industrielle.

Mexique et Canada

Dans le cadre de l'ACEUM, les contingents tarifaires pour les textiles et les produits agricoles, entrés en vigueur le 1er janvier 2025, ont été prolongés jusqu'à la fin de l'année. Cependant, en novembre, le taux d'utilisation de certains contingents approchait de leur limite maximale. Les entreprises doivent donc anticiper afin d'éviter une hausse des coûts liés aux droits de douane.

À compter du 4 novembre, le Mexique a mis en application une nouvelle « Spécification technique pour les équipements radio de faible puissance », imposant à quatre catégories d'appareils de faible puissance (tels que les microphones sans fil et les appareils auditifs) de se conformer aux nouvelles normes. Cette spécification exclut les bandes de fréquences dédiées aux communications d'urgence et à la sécurité publique, telles que définies dans le Tableau national d'attribution des fréquences (NFAT).

Chili

À compter du 25 octobre, le Chili a supprimé l'exonération de TVA pour les colis d'une valeur inférieure à 41 dollars américains. Les acheteurs de commandes transfrontalières directes d'une valeur comprise entre 0 et 500 dollars américains doivent s'acquitter d'une TVA à l'importation de 19 %. Cette nouvelle réglementation s'applique à toutes les plateformes de commerce électronique et vise à lutter contre la fraude fiscale et à équilibrer la concurrence entre le commerce électronique transfrontalier et le commerce de détail local.

Brésil

Le 10 juin 2025, l'Institut national de la propriété industrielle du Brésil (BPTO) a publié le décret n° INPI/PR15/2025, reconnaissant officiellement que les marques dépourvues de « caractère distinctif intrinsèque » peuvent bénéficier d'une protection en apportant la preuve d'un usage démontrant un « caractère distinctif acquis » ou une « signification secondaire ». Cette règle entrera en vigueur le 28 novembre 2025 et vise à harmoniser les pratiques d'examen des marques au Brésil avec les normes internationales.

II. L'Europe

Union européenne (UE)

Le règlement (UE) 2025/2083, entré en vigueur le 20 octobre, a instauré un mécanisme d'exemption fondé sur un seuil unique de volume pour le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF). Les importations de biens soumis au MACF (tels que l'acier et l'aluminium) inférieures à 50 tonnes par an sont exemptées d'obligation de déclaration ; toutefois, les importations excédentaires sont passibles de sanctions de 300 à 500 euros par tonne d'émissions incorporées.

Parallèlement, la proportion de certificats requis pour l'achat a été réduite de 80 % à 50 % afin d'alléger la pression sur la trésorerie des entreprises.

Depuis novembre, l'UE élabore une nouvelle réglementation : les entreprises chinoises commercialisant des véhicules à énergies nouvelles (VEN) dans l'UE devront divulguer leurs technologies clés, telles que la technologie des batteries et les systèmes de contrôle, et employer de la main-d'œuvre et des composants européens. Cette mesure vise à soutenir l'industrie locale, mais risque d'exacerber les tensions commerciales entre la Chine et l'UE.

Le projet de loi relatif à l'accélération industrielle propose que toutes les entreprises non européennes s'approvisionnent au moins à 40 % en matières premières et en procédés de fabrication pour les produits destinés à des secteurs clés tels que les batteries et le stockage d'énergie auprès d'entreprises de l'UE. Si ces entreprises refusent le transfert de technologie, elles doivent créer des coentreprises avec des entreprises locales de l'UE, ces dernières détenant au moins 35 % des parts.

Port de Rotterdam (Pays-Bas) et port d'Anvers (Belgique)

Le port de Rotterdam a appliqué une hausse tarifaire de 6 % depuis le 1er janvier, tout en instaurant un indice environnemental pour les navires (ESI) et des remises en fonction du taux de remplissage. Les navires affichant un score ESI élevé ou une capacité de chargement maximale bénéficient de réductions tarifaires.

Le port d'Anvers a simultanément augmenté ses tarifs de 2,86 %, en mettant l'accent sur le soutien au transport maritime écologique et à la transformation numérique.

III. Asie

Chine

À compter du 8 novembre, la Chine a mis en place un système strict de licences d'exportation couvrant l'ensemble de la chaîne industrielle des terres rares, de l'extraction minière à la fabrication de matériaux magnétiques, en passant par la fusion et la séparation. Elle a également instauré un « seuil de 0,1 % » : les produits destinés à l'exportation contenant 0,1 % ou plus de composants contrôlés d'origine chinoise sont désormais soumis à l'obtention d'une licence d'exportation. Cette mesure a un impact direct sur les chaînes d'approvisionnement mondiales dans des secteurs tels que les semi-conducteurs et les véhicules à énergies nouvelles.

Cette politique, entrée en vigueur simultanément, inclut désormais les batteries au lithium et les matériaux d'anode en graphite artificiel dans le champ d'application du contrôle des exportations. Les entreprises sont tenues d'indiquer les « codes de produits à double usage » lors de leurs déclarations en douane, ce qui restreint les exportations vers les secteurs technologiques sensibles.

Japon et Corée du Sud

Dans le cadre de l'Accord de partenariat économique régional global (RCEP), la Chine, le Japon et la Corée du Sud ont poursuivi la réduction de leurs droits de douane depuis novembre, touchant notamment les pièces automobiles, les produits agricoles et d'autres articles. Par exemple, les droits de douane japonais sur les fruits à destination de la Chine passeront de 8 % à 4 %, et ceux sur les pièces automobiles de 10 % à 5 %.

Le ministère sud-coréen de la Stratégie et des Finances a décidé de réduire la portée des exonérations de taxe sur les carburants depuis novembre, tout en prolongeant les mesures de réduction de taxe pour l'essence, le diesel et le gaz de pétrole liquéfié (GPL butane) jusqu'à fin décembre 2025.

Inde

À compter du 1er novembre, l'Inde exigera des importateurs de modules solaires qu'ils enregistrent des produits tels que le verre de sécurité trempé et les dispositifs semi-conducteurs photosensibles auprès du « Système de surveillance des importations d'équipements d'énergie renouvelable », pour une durée de validité de trois mois. Cette mesure vise à promouvoir le développement de l'industrie photovoltaïque locale, mais risque de retarder la mise en œuvre des projets et d'augmenter les coûts d'importation.

ASEAN / Pays d'Asie du Sud-Est

Le 26 octobre 2025, le Timor-Leste est officiellement devenu le 11e État membre de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) lors du sommet de l'ASEAN. Cette adhésion marque l'entrée de la coopération régionale de l'ASEAN dans la phase de « membre à part entière ».

Le Myanmar a mis en œuvre des réductions tarifaires pour 9 États membres du RCEP depuis mai et étendra davantage la portée de ces réductions aux produits électroniques et aux textiles à partir de novembre.

Les États-Unis ont signé des accords avec la Malaisie, la Thaïlande et d'autres pays pour maintenir des taux tarifaires de 19 % à 20 %, tout en accordant des exemptions pour 1 711 produits tarifaires, dont les semi-conducteurs et les produits agricoles.

Concernant l'automatisation portuaire et les réformes logistiques : le port de Jakarta prévoit de lancer en novembre la transformation automatisée de ses terminaux à conteneurs, en introduisant un système de répartition par IA pour améliorer l'efficacité ; le port de Haiphong (Vietnam) a lancé un plan « Port vert », offrant des réductions sur les frais portuaires aux navires utilisant du carburant à faible teneur en soufre.

La Banque d'État du Vietnam a publié la circulaire n° 27/2025. À compter du 1er novembre 2025, les transferts transfrontaliers supérieurs à 1 000 dollars américains et les transferts électroniques nationaux atteignant 500 millions de dongs vietnamiens (environ 135 000 yuans) doivent être déclarés à la banque centrale. Les personnes transportant plus de 5 000 dollars américains en espèces ou 300 grammes d'or et autres objets de valeur lors de leur entrée ou sortie du pays doivent également les déclarer volontairement en douane.

IV. Moyen-Orient

Arabie Saoudite

À compter du 29 octobre, l'Arabie saoudite exige que toutes les marchandises arrivant dans ses ports maritimes fassent l'objet d'une déclaration préalable de leur manifeste via la plateforme nationale de guichet unique FASAH. Les expéditions maritimes doivent être déclarées 72 heures à l'avance, sous peine d'amendes. Cette mesure vise à améliorer l'efficacité du dédouanement et à soutenir le développement du pôle logistique du pays dans le cadre de sa « Vision 2030 ».

Politique obligatoire de chargement et de déchargement sur palettes dans les ports : les ports saoudiens ont lancé en juin un système de palettisation pour la manutention des marchandises, avec une période de transition jusqu’en mai 2025. À compter de novembre, l’utilisation de palettes pour le transport de marchandises générales est devenue entièrement obligatoire, à l’exception des marchandises en vrac, des machines lourdes et autres articles exemptés.

Émirats arabes unis (EAU)

À compter du 1er novembre, les Émirats arabes unis appliquent une TVA de 5 % sur les colis de commerce électronique transfrontaliers d'une valeur supérieure à 150 dirhams (environ 41 dollars américains), contre 1 000 dirhams auparavant. Cette mesure vise à réguler le marché du commerce électronique et à accroître les recettes fiscales.

V. Afrique

Afrique du Sud

Dans le cadre de son examen des politiques commerciales, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a analysé en septembre les politiques commerciales de l'Afrique du Sud et a constaté que son tarif douanier moyen de la nation la plus favorisée (NPF) en 2025 s'élève à 13,9 %. L'Afrique du Sud prévoit de mettre en œuvre des subventions à l'exportation pour certains produits agricoles (comme le vin) à partir de novembre afin de faire face à la concurrence internationale.

Modernisation portuaire et coopération logistique : le port de Durban a lancé un projet d’extension de son terminal à conteneurs, dont l’achèvement est prévu pour 2026. Une fois les travaux terminés, son débit augmentera de 30 %. Parallèlement, l’Afrique du Sud a signé un accord de coopération ferroviaire avec le port de Beira (Mozambique) afin de renforcer le transport intermodal ferroviaire entre le port de Beira et Johannesburg.

VI. Océanie

Australie

À compter de février 2026, l'Australie appliquera une nouvelle réglementation : les denrées alimentaires importées devront clairement indiquer la présence de 23 allergènes (comme les fruits à coque et les produits aquatiques). Les entreprises sont tenues de soumettre leurs plans de mise en conformité dès novembre, sous peine de voir leurs produits retenus.

VII. Politiques maritimes et portuaires

Aperçu des ajustements des frais des compagnies maritimes

Vous trouverez ci-dessous les ajustements de fret et de surcharge mis en œuvre par les principales compagnies maritimes (par exemple, MSC Mediterranean Shipping Company, Maersk, Hapag-Lloyd, CMA CGM) à compter de novembre 2025 :

Portée de l'itinéraire

Type d'ajustement des frais

Détails

Extrême-Orient → Europe du Nord/Méditerranée, Extrême-Orient → Afrique subsaharienne, Océan Indien

Réglage FAK (Fret tous types)

Date d'entrée en vigueur : 1er novembre 2025 (MSC : Extrême-Orient → Europe du Nord/Méditerranée, Afrique subsaharienne)

Extrême-Orient → Moyen-Orient, Asie-Pacifique → Afrique du Sud/Maurice

Ajustement du supplément de haute saison (PSS)

Maersk : surcharge de 300 USD par conteneur pour les liaisons vers le Moyen-Orient ; les normes d’ajustement pour les liaisons africaines ont été annoncées, mais les montants précis n’ont pas été divulgués.

Extrême-Orient → Europe, Extrême-Orient → Ouest/Est de l'Amérique du Sud, Mexique, Amérique centrale, Caraïbes

Augmentation du taux FAK + Ajustement GRI (Augmentation générale des taux)

Hapag-Lloyd : Couvre les conteneurs secs de 20/40 pieds et les conteneurs réfrigérés ; le GRI a augmenté de 1 000 USD par conteneur.

Asie → Europe du Nord

Ajustement du taux FAK

CMA CGM : A annoncé de nouveaux taux FAK sans divulguer la marge d’ajustement.

Ces ajustements indiquent une hausse générale des coûts de transport et une augmentation des risques liés à la chaîne d'approvisionnement. Les entreprises doivent suivre de près l'évolution des tarifs d'acheminement, les conditions contractuelles et les solutions de transport alternatives.